Par RAYNALD GROLEAUL'auteur est mesureur officiel pour B&C, P&Y, NBBC et Trophée-Québec
100% TROPHÉES
Règles du Pope and Young
Vous chassez avec un arc et des flèches!
Félicitations!!!
Vous chassez avec un arc et des flèches!
Félicitations!!!
Ça prend beaucoup de discipline, de préparation, d’efforts et de temps. En plus vous venez de récolter un animal trophée ou encore planifiez de le faire, et bien vérifions ensemble les règles d’éligibilité (éléments techniques et les politiques) telles que décrites par le club Pope and Young (P&Y) et par le fait même Trophée Québec avec sa catégorie à l’arc.
Tout comme pour le club Boone and Crockett (B&C), la chasse éthique ou « Fair Chase » est la base de tout. On définit cet état comme la poursuite et la récolte éthique de tout animal sauvage en liberté d’une manière qui ne donne pas au chasseur un avantage inapproprié ou injuste sur le gibier, tout en faisant preuve d’esprit sportif, et ce dans la pleine légalité.
Le club P&Y proche parent de B&C a longtemps été très conservateur. Dans les dernières années un tournant important a été fait pour rejoindre plus de chasseurs. Il mise maintenant sur trois piliers qui sont fondamentaux pour son organisation : Préserver, Promouvoir et Protéger la chasse à l’arc. Avec la récente harmonisation des règles de mesurage des différents grands gibiers nord-américain avec le club B&C, ils partagent aussi les règles et procédures d’entrées que j’ai énumérées dans mon article précédent (voir édition de novembre : mesurage de panache-règles du B&C).
Voyons maintenant quelques-unes des particularités techniques spécifiques de P&Y :
-POUR ÊTRE ÉLIGIBLE à entrer dans le livre des records de P&Y, l’animal doit avoir été récolté par le biais d’un arc et de flèche.
-L’ARC : il peut être un arc long anglais ou grand arc français (longbow), un arc droit (flat bow), un arc classique à double courbure (recurve), un arc à poulie (compound), un arc traditionnel ou recourbé, ou toute combinaison de ces conceptions qui rencontrent les exigences et restrictions suivantes :
Il doit être tenu en main et propulser une flèche grâce à l’énergie produite par la flexion et la récupération de ses deux branches. La corde doit être étirée ou tendue exclusivement par la force musculaire des bras du tireur, d’un mouvement simple, direct et ininterrompu. Une main tient l’arc et l’autre tend la corde. Celle-ci doit être retenue à tout moment de son cycle jusqu’à sa relâche au moyen des doigts ou d’un déclencheur tenu dans la main. Aucune autre source d’énergie ne doit provenir d’une autre forme d’aide (hydraulique, mécanique, pneumatique, etc.). Ces limitations n’excluent pas l’avantage de l’effet de levier produite par la présence de poulies.
Il n’y a pas de relâche maximum permise. Dans le but de récolter des statistiques, le pourcentage de celle-ci sera recueilli lors de l’enregistrement. Une catégorie de moins de 65% sera identifiée par un astérisque dans le livre des records. Une catégorie traditionnelle a son propre livre des records.
Exclusions :
Une arbalète n’est pas considérée comme un arc.
À part un dispositif pouvant enregistrer des images sans produire de lumière vers la cible (certaines caméra ou téléphone cellulaire), aucun autre dispositif électronique ou fonctionnant avec des batteries ne doit être attaché à l’arc (télémètre, imagerie électronique, etc.).
-LA FLÈCHE : elle doit avoir au moins 20 pouces, mesurée du creux de l’encoche au bout de la pointe de chasse. Des plumes doivent être attachées à un bout et une pointe de chasse à l’autre. Le poids total de la flèche incluant la pointe de chasse doit peser 300 grains ou plus.
Exclusions :
À part une encoche lumineuse, aucun autre dispositif électronique ou fonctionnant avec des batteries ne doit être inclus dans la flèche. Aucun poison, drogue ou explosif non plus.
-LA POINTE DE CHASSE : pour le gros gibier elle doit avoir un minimum de 7/8 de pouce de diamètre de coupe à l’endroit le plus large de son arrête tranchante. Elle doit peser au moins 70 grains. Elle doit posséder 2 ou plusieurs côtés tranchants, fixes ou mobiles, qui peuvent être affutables ou remplaçables.
Après avoir lu ces règles techniques, je suis convaincu que la majorité des chasseurs Québécois sont conformes. Ceux qui ne le sont pas ont donc quelques ajustements à effectuer. Mais le plus important viendra lors de l’achat de nouveau matériel, car la technologie apporte toujours son lot d’innovation. Vous pouvez lire l’entièreté des règles en anglais sur le site de P&Y sous DEFINITION OF A HUNTING BOW, ARROW AND BROADHEAD.
Voici maintenant un aperçu des nombreuses POLITIQUES et quelques conseils reliés à celles-ci.
1- Certaines concernent directement votre trophée. N’oubliez pas d’en informer votre taxidermiste;
Ne jamais scier un crane, corne ou panache car la mesure de l’envergure pourrait en être faussée (exemple : caribou scié en deux pour le déplacement en avion).
Si une partie de votre trophée est endommagé, ne jamais le réparer avant d’aller voir le mesureur. Apporter les morceaux et il sera évalué au cas par cas. Prenez des photos lors de l’accident si possible.
Ne jamais altérer le séchage d’un trophée avant son mesurage (physique, chimique, vernis, teinture, peinture, etc.). Il doit être nettoyé puis conservé 60 jours à la température d’une pièce d’une maison avant d’être éligible au mesurage.
(c) Can Stock Photo / deepspacedaveAprès sa récolte les bois d’un trophée doivent être nettoyés et séchés au moins 60 jours avant de pouvoir être mesurés
2-Certaines sont plus générales :
L’utilisation du système de mesurage ou de ses mesureurs officiels dans un but uniquement mercantile, c’est à dire donner un score pour pouvoir vendre un trophée est proscrit.
Les animaux en enclos ou relâchés de celui-ci ne sont pas admissibles.
Dans le cas d’une chasse de groupe, seul le premier gibier récolté par le chasseur avec son propre permis sera reconnu.
L’utilisation de drône est interdite.
L’utilisation de toute technologie qui transmet en temps réel des photos ou données de localisation pour cibler ou guider un chasseur vers toutes espèces d’animaux d’une manière à produire une réponse immédiate du chasseur n’est pas permise. Il est naturel de vouloir couronner de succès notre chasse, mais la technologie avec tout son avancement ne doit pas nous donner un avantage injuste envers l’animal. Le chasseur peut marcher et recueillir de l’information sur les déplacements du gibier et dans le cas des caméras de surveillance, prélever sur place l’information qui se trouve sur une carte mémoire. Voir l’animal et le récolter grâce à de l’information transmise en direct sans être sur ce lieu n’est cependant pas acceptable même quelques heures après ou dans la même journée. L’animal ne pouvant pas détecter le danger provenant d’une caméra cellulaire, ceci donne donc un avantage important au chasseur.
Il est de la responsabilité de tous les chasseurs de déployer tous les efforts pour bien suivre et traquer l’animal atteint. Cette étape fait partie intrinsèque de la chasse et devrait continuer jusqu’à ce que tous les efforts nécessaires soient épuisés. C’est un principe fondamental et éthique bien reconnu qui fait partie de l’héritage et qui devrait se transmettre et même être enseigné aux chasseurs. S’il y a abandon de la recherche et que l’animal est retrouvé plus tard, il ne sera pas accepté.
L’utilisation des chiens pisteurs ou chien de sang est permise à certaines conditions :
-Le chasseur doit avoir déployé tous les efforts raisonnables pour retrouver l’animal en le traquant par lui-même ou avec l’aide d’autres personnes avant d’utiliser un chien. C’est une étape importante qui doit être faite pour apprendre et maitriser les pratiques traditionnelles. Cette étape ne doit pas être supplantée par la technologie ou tout autre moyen diminuant ainsi l’expérience de la chasse.
-La recherche doit se faire en respectant toutes les lois et règlements en vigueur.
-Le chien doit rencontrer les critères règlementaires en vigueur.
-La recherche doit avoir été complétée en moins de 48 heures depuis le tir.
-Le chasseur doit être présent.
-Le chien doit retrouver un animal mort. Si l’animal est retrouvé vivant, l’utilisation du chien doit être suspendue immédiatement.
-Si l’animal a été trouvé vivant, son éligibilité à être acceptée dans le livre des records sera déterminée par le comité de P&Y.
ACCSQ-CHANTAL BELLEMARE
Bien qu’un chasseur désirant enregistrer son gibier au club P&Y puisse avoir recours au service d’un chien de sang pour retrouver son gibier, il doit préalablement faire tous les efforts possibles pour retrouver l’animal en le traquant par lui-même ou avec l’aide de compagnons.
Merci d’avoir pris le temps avec moi de faire le tour des différents éléments que le chasseur de trophée doit connaitre avant de pouvoir inscrire son nom dans le prestigieux livre des records du P&Y Club et Trophée Québec avec sa catégorie récolté à l’arc.
Vous avez des questions concernant le mesurage de trophées (orignal, chevreuil, ours, caribou)?
Écrivez-moi à : beaudrybuck@hotmail.com et je me ferai un plaisir d’y répondre dans une prochaine édition.