Textes et photos</br>MICHEL LA HAYE

Textes et photos
MICHEL LA HAYE

100% SAUVAGINE

Raphael (à gauche)  et Antoine (à droite), les deux plus grands fils de mon bon ami et aide de chasse Angie (au centre) lors d’une sortie durant la présaison de chasse à la bernache  

Vieux jours et relèves

Je débute donc l’année 2023 avec vous en vous souhaitant un franc succès dans toutes vos entreprises sauvaginières. Ce mal qui nous afflige chaque fois que les feuilles des arbres commencent à changer de couleur, et parfois même bien avant, la « sauvaginite », vous aurez saisi le jeu de mot, est quant à elle, incurable! Tant que nos jambes et nos bras le voudront, je sais que chacun de nous aura cette fièvre difficile à contenir qui nous fera parcourir des milles et des miles, dépenser des rondelettes sommes en équipements et beaucoup de notre rare et précieux temps! Justement, la vie est courte pour toute personne normale, encore plus pour les sauvaginiers, car cette activité est très exigeante physiquement!  Profitez-en donc tandis que c’est encore à votre portée, et je vous dirais de préparer vos vieux jours en n’hésitant jamais à initier de nouveaux chasseurs, jeunes et moins jeunes, cela vous sera rendu au centuple plus tard, vous verrez!

Réponse
aux lecteurs

Réponse aux lecteurs

Bon début d’année 2023, c’est le temps de repenser à nos bons et mauvais coups de 2022!  En ce qui me concerne, on dirait que j’ai mal terminé l’année 2022 car plusieurs lecteurs et amis m’ont reproché la mention sur les races de rapporteurs, insistant sur le fait que les Labradors et les autres races de chiens forment deux groupes! Je blaguais bien entendu. Les autres races de chiens rapporteurs ont aussi leur place et leurs qualités intrinsèques, mais pour les activités de chasse et de guidage que je pratique, le Labrador demeure, et de loin, le meilleur allié sur lequel je puisse compter. Cependant, dans la mer et l’eau glacial par exemple, le Chesapeake, très résistant et résilient devant les intempéries, se débrouillera avec bien moins de peine. Un autre exemple, les guides à l’oie blanche du Texas et d’autres sauvaginiers chassant le canard ailleurs aux États-Unis utilisent le grand caniche royal (Standard Poodle) avec succès.  Pour eux, aucune autre race ne pourrait les remplacer! Je vous invite à lire cet article d’un auteur que j’aime beaucoup, James Spencer, qui fait le tour de la question. https://www.gundogmag.com/editorial/gun-dog-breeds-standard-poodle/175495.  Il a aussi produit d’excellents ouvrages de référence sur l’entrainement des rapporteurs dont je me sers depuis plus de 20 ans et qui sont régulièrement consultés par plusieurs entraineurs chevronnés au Québec.

J’ai reçu dernièrement une excellente question : « quand doit-on arrêter d’appeler des oiseaux qui entrent au plan ? ». Je vais produire un article au sujet de l’appel de la sauvagine avec mon bon ami François Lévesque (Le Show de Plume – Facebook). La réponse peut varier, mais en ce qui concerne les canards barboteurs, la bernache et l’oie blanche, généralement, lorsque les oiseaux penchent la tête, regardent vers le sol et sortent leurs pattes pour se poser, vous pouvez cesser vos appels. La raison est simple, en se positionnant de la sorte et en sortant leurs pattes, l’aérodynamisme des oiseaux est compromis, un peu comme quand un avion atterri et que le pilote décide de sortir le train d’atterrissage.  Le frottement des pattes ou des roues débalance l’objet volant vers l’avant, les bernaches tournent leurs ailes et plumes, et se gonflent en remplissant leurs sacs aériens tandis que les volets sont déployés au bord externe des ailes de l’avion.  Ces actions ont pour but de compenser la perte de portance, quand les oiseaux décident d’effectuer cette manœuvre, ils sont vulnérables et atterriront presque à coup sûr. J’ai ajouté un petit extrait vidéo pour l’illustrer, remarquez le coup penché et les pattes sorties des bernaches tout juste avant leur atterrissage 😊. Pour ceux qui se demandent pourquoi nous n’avons pas attendu que toutes les outardes se jettent, c’est qu’il en manquait juste quelques-unes pour compléter les limites quotidiennes de mes amis et la mienne!

Les clients ayant cancellé, j’ai décidé d’inviter quelques amis pour une belle chasse d’octobre en après-midi 😊. Remarquez les pattes sorties et le cou penché par en avant des bernaches qui atterrissent dans le plan. Vous excuserez les mouvements lors de la prise, je filmais d’une main et appelais de l’autre!

Appelant-appels-caches

Je suis un fervent défenseur de la remise en état de nos vieux appelants. Tout est question d’offre et de demande dans notre société, si plus de sauvaginiers recyclaient leurs appelants, j’imagine que leurs prix baisseraient (oui je sais, j’aime rêver en couleur!). Il existe plusieurs fournisseurs spécialisés dans les peintures et recouvrements (velours) pour appelants, cependant, depuis la pandémie, les délais de livraison ont beaucoup augmenté. Un petit conseil, faites l’inventaire de vos besoins en cette matière cet hiver et n’hésitez pas à commander vos recouvrements dès que possible pour éviter de devoir retoucher vos appelant jusqu’à minuit l’avant-veille de l’ouverture après avoir reçu votre commande le jour précédent!

On me demande souvent comment je parviens à repeindre mes appelants de bernache de manière aussi réaliste. J’ai la chance d’avoir quelques bernaches vivantes chez moi dont je me sers comme modèle. Je sais bien que ce n’est pas à la portée de tous, mais de bonnes photos haute résolution agrandies piquées sur le web ou provenant d’un ami, feront l’affaire. Un autre bon truc, avant d’avoir des bernaches, j’utilisais des appelants silhouettes d’une compagnie très connue qui sont fabriqués d’une plaque de plastique sur laquelle est collée, de chaque côté, une toile mate reproduisant différentes poses adoptées par les bernaches à partir de photographies de haute définition. Ces silhouettes étaient d’excellents modèles. Si vous n’en possédez pas, je suis certain qu’un de vos amis pourraient vous en prêter quelques-unes temporairement pour vous aider.

Fabienne Côté

Un de mes professeurs de chant qui se prennent également pour des tops modèles lorsque je repeins mes appelants. Remarquez toutes les nuances de brun, gris et beige dans le détail du plumage de ce magnifique oiseau

Biologie et aménagement

François Lévesque (FACEBOOK Le show de plumes)

Grippe aviaire, survol de l’état de la situation sur les aires d’hivernage

Mon ami et presque frère, François Lévesque, est un infatigable fouisseur d’informations sur tout ce qui concerne la sauvagine. Il m’a confié ce bloc d’information sur la situation de la grippe aviaire chez les oiseaux sauvages, et en particulier, la sauvagine.

Un frisson a parcouru l’échine de bien des Sauvaginiers cet automne en raison de la grippe aviaire : la viande récoltée sera-t-elle consommable, est-ce dangereux d’y toucher et LA grande question : le troupeau sera-t-il décimé. Nous avons pu constater une mortalité de la grande oie des neiges au sud- ouest du Québec (photo 2), des cas dans l’est de l’Ontario à Embrun et Lancaster et quelques cas plus au nord est, mais finalement plus de peur que de mal! Comme une bonne partie du troupeau se dirige vers les Fingers Lakes, soit au sud du lac Ontario, nous avons questionné nos amis de chez Unplugged Waterfowl Guide service et plusieurs autres amis sauvaginiers qui chassent dans cette région où passe le troupeau et c’est le même scénario qu’ils observent : de la mortalité, oui, mais en nombre très limité. Rien ne laisse donc présager une hécatombe. Cela ne veut pas pour autant dire que le printemps sera facile vu le nombre peu élevé de jeunes dans le troupeau!

Merci à mon ami François pour ce bref survol de la situation au sud de chez nous. Je vous suggère de consulter ce site web qui contient les mises à jour sur les observations d’oiseaux affectés par la grippe aviaire aux États-Unis https://www.cdc.gov/flu/avianflu/data-map-wild-birds.html

Sébastien Gauthier 

Groupe d’oies blanches trouvées mortes près du canal de Chambly à Saint-Jean-sur-Richelieu à l’automne 2023.

Anecdote sauvaginière

Une drôle de chasse de fin de saison en 2021 !

Nous sommes le 18 décembre 2021, il vente fort du nord-ouest, un peu de travers au sens du champ, -15°C une petite neige nous pince le visage, cinq clients et mon aide de chasse Angie, tout ce beau monde pour une dernière sortie que nous souhaitons fructueuse! Normalement, à ce froid, les bernaches ne sortent que tard en fin d’après-midi. Quelle ne fut pas ma surprise de voir le premier voilier arriver très bas dans notre dos vers 10h environ, un tour, deux puis trois et finalement elles vont se jeter près de la route à un site qu’elles n’avaient pas fréquenté de la semaine. Je le savais car j’avais fait une prospection très minutieuse pour cette sortie!  Angie sort pour les effaroucher et je lui dis non, prends le « flag » (drapeau noir sur un côté et camouflage de l’autre en forme d’ailes de bernache que nous agitons pour attirer leur attention de loin, il en sera question dans un article cet automne) et prépares toi. Je sors à gauche de la cache, les bernaches sont à environ 500 verges de nous légèrement à droite, le vent souffle également de droite à gauche devant la cache et le plan. Il y a un vieux dicton qui dit : « qui ne risque rien n’a rien ! », alors je tente le tout pour le tout et je me dépêche avant que d’autres voiliers, que nous entendons au loin, ne survolent le champ.  Je tire un coup de feu vers la gauche à environ 90 degrés de la position des bernaches, il vente vraiment fort et l’écho sur le boisé de l’autre côté de la rue résonne vers celles-ci, mais à partir du chemin!  L’illusion est totale, les bernaches ne savent pas que le coup a été tiré à partir de notre position! Le stratège fonctionne à merveille; les bernaches lèvent, Angie s’agite comme un damné avec le « flag » et moi j’appelle comme si ma vie en dépendait!  Les oiseaux se rapprochent, encore, et encore, en ligne droite et à basse altitude, directement sur nous!  Je donne le « GO » quand elles ne sont qu’à 25 verges en posant les pattes au sol, étant donné la force de vent, pour mettre toutes les chances de notre côté.  Cinq bernaches tombent, nous les récupérons, puis un autre voilier arrive et recommence le même manège en se jetant au même endroit que le précédent! Je regarde Angie en souriant et je lui lance : «  tu sais quoi faire 😉 » et nous recommençons la même tactique qui donne les mêmes résultats. Quel beau spectacle que de voir les outardes ramer dans le vent fort durant de longues minutes pour rejoindre le plan! Nous recommençons à cinq autres reprises jusqu’à l’atteinte de limites des clients et des nôtres (photo ci-dessous). Le vent fort ayant amoindri le son de nos coups de feu, les autres voiliers entraient au champ sans avoir la moindre idée de ce qui s’y tramait. Ce fut une grande chasse de fin de saison mémorable, nous en parlons encore de temps en temps quand nous chassons le pigeon ou que nous attendons les bernaches dans nos sorties guidées. Rarement je prélève des bernaches, mais bon, le temps des fêtes approchait et nous voulions en servir à nos invités. La facilité avec laquelle les voiliers entraient au plan a été un autre facteur qui m’a incité à prélever ma limite de bernaches cette fois-là.

Morale de cette histoire : il ne faut jamais lâcher et, à la sauvagine, ce n’est jamais terminé tant que la période de chasse légale n’est pas dépassée et que nous ne retournons pas chez nous, souvenez-vous en cette saison!

Un beau tableau de fin de saison réussi grâce à la ténacité des guides, un peu d’astuce et beaucoup d’audace!

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