100% PASSIONNÉE
Une recette parfaite
pour un matin parfait!
Je vous amène avec moi pour la préparation d’une chasse au canard! C’est bien différent de la chasse à l’orignal ou au chevreuil où nous devons être silencieux et discret. C’est une chasse active et durant laquelle on peut bouger, parler et avoir du « fun » entre amis. Le seul moment où on ne bouge pas et qu’on ne parle plus, s’est lorsqu’il y a des canards au-dessus de nos têtes.
Tout d’abord pour le canard, il vous faudra votre permis de petit gibier ainsi que votre timbre de conservation. Ce timbre est obligatoire pour la chasse à la sauvagine, autant pour le canard que l’oie et la bernache. Vous pouvez vous le procurer dans un bureau de Poste Canada ou bien sur internet (https://www.permis-permits.ec.gc.ca/fr/Achatdunpermisdechasse). Les fonds sont recueillis pour des projets de conservation de la faune et de ses habitats. Particulièrement, les projets sur la sauvagine, comme des projets sur la restauration de leurs habitats, divers projets éducatifs, etc. Plus de 55 millions de dollars ont été récoltés avec cette initiative.
La réglementation pour l’oiseau migrateur est séparée en district et non en zone comme pour les autres chasses. Ici à Québec c’est le district F. Les règlements sont semblables d’un district a l’autre, il n’y a souvent que la date d’ouverture qui peut décaler ou sinon la limite de prise. Le quota est de 6 canards par chasseur par jour et 18 en possession. Certaines sortes de canards ont aussi leur propre limite. Ex. dans mon secteur, la limite de prise pour le canard noir est de deux, tandis que dans certains endroits c’est quatre. Il y a aussi la sarcelle à ailes bleues qui est limitée à deux individus. Il est très important de regarder la réglementation avant de commencer car il y a beaucoup de particularité comparativement aux autres chasses.
Ensuite, Il vous faudra bien sur un fusil. Moi je chasse avec un fusil de calibre 12, mais il y a d’autres calibres autorisés pour la sauvagine ex. un fusil calibre 20. Les munitions sont variables d’un chasseur à un autre et au fil du temps vous aurez vous aussi vos préférences. En champ, j’utilise du BB en trois pouces car on fait beaucoup de bernaches en même temps mais lorsque je suis près de petit cours d’eau et que les oiseaux seront proches, j’utilise plutôt du no 4. Pour le migrateur, les munitions doivent être composées d’acier ou d’autres matériaux non toxiques uniquement. L’utilisation du plomb est interdite pour éviter la contamination des cours d’eau et l’empoisonnement des oiseaux par l’ingestion de billes entre autre.
L’auteure aime bien utiliser un fusil de calibre 12 pour ses chasses au canard.
Les canards sont des oiseaux qui volent très vite et plusieurs espèces peuvent même voler à plus de 100km/h. La sarcelle est l’une des espèces les plus rapides. Le pigeon d’argile est une super pratique avant de débuter car vous allez voir ça roule vite! Il y a plein de petits trucs qu’on apprend au fil du temps. Ex. : Il faut souvent pointer notre arme un peu devant l’oiseau avant de faire feu, car si on vise sur lui directement, on n’y touchera pas et il sera déjà passé. Prendre le temps de bien dépasser l’oiseau et ne pas tirer trop vite demeure la clé.
Le tir au pigeon d’argile représente une excellente pratique pour se préparer à la chasse au canard.
Pour les techniques de « call », on pourrait élaborer longtemps sur le sujet. Cependant l’important c’est de vous trouver un appeau avec lequel vous êtes à l’aise et à partir de ce moment, le temps et la pratique feront leurs œuvres. Il ne faut pas se comparer à d’autres et il faut se faire confiance. Il n’y a pas de recette parfaite et après tout, les animaux ont tous une tonalité différente eux aussi. C’est identique pour l’humain, personne ne fera le même bruit. Il y a de nombreux vidéos sur YouTube ou vous pouvez aussi demander l’aide d’un autre chasseur de sauvagine. Il pourra vous expliquer la base et vous donner quelques trucs. Les appeaux sont variés. Pour le canard, certains « call » ont deux languettes à l’intérieur et d’autres seulement qu’une, le son qui en sortira sera différent. Certains demandent aussi beaucoup plus de souffle que d’autres. Pour débuter, il n’est pas nécessaire de payer une fortune pour un « call », je vous conseille d’en acheter un qui est facile d’utilisation pour vous pratiquer et devenir à l’aise. Parfois, en augmentant de prix on tombe dans une gamme d’appeaux plus spécifique et qui peuvent être plus dur à maitriser (mais pas dans tous les cas).
Je chasse souvent dans des installations qu’on appelle des « A-Frame ». Il s’agit d’une cache composée d’une structure de métal recouverte de panneaux de jonc ou de branches, etc. C’est aussi possible de vous asseoir derrière des branchages ou derrière une toile de jute. Il ne vous faut pas nécessairement une grosse cache quand vous chassez, surtout lorsqu’on est en petit nombre. Par contre, plus on est nombreux plus ça prend de la place pour se cacher et lorsqu’on chasse régulièrement, c’est encore plus le « fun » d’être confortable.
L’auteure aime bien chasser le canard dans des caches de type « A-Frame ».
En bateau, c’est le même principe que sur la terre. Il y a aussi la chasse en caleuse ou en « Lay out », etc… 95% de mes chasses à moi sont en champ ou sur le bord de petit cours d’eau. J’aime particulièrement la chasse en champ, car c’est à ce moment qu’on peut vraiment admirer les prouesses aériennes des oiseaux. C’est très impressionnant de voir leur agilité. Un autre petit moment que j’adore aussi, c’est le matin, lorsqu’ il fait encore noir, le soleil commence à peine à être visible, on ne voit même pas encore les canards, pourtant on entend très bien le son émis par leurs ailes. On sait alors que ça va bientôt débuter ! Ce sont des moments parfaits!
La température parfaite pour chasser le canard, c’est un temps pluvieux et nuageux. Les matins brumeux sont souvent les meilleurs et il faut aussi du vent. Sans vent les canards sont plus statiques, mais avec du vent ils se déplacent plus et ils rentrent dans vos installations en n’y voyant que du feu. Ils entendent des amis et le tour est joué. De là l’expression, un temps de canard. Selon l’endroit où vous chasserez, vos appelants devront être adaptés pour la situation (espèces de canards, en cours d’eau, en champ ou en bateau, la direction des vents, etc.). Lorsque je chasse dans des petits cours d’eau, je prends seulement un ou deux canards mécaniques à ailes rotatives du genre de ceux de la compagnie MOJO. C’est une imitation de canard qui bat des ailes et qui fonctionne à batterie. Le canard vole tellement rapidement, qu’il a peu de temps pour discerner ce qu’il y a au sol. L’aile du MOJO est blanche d’un côté et de couleur de l’autre. Elles tournent super rapidement et vont attirer l’œil du canard. Du haut des airs, ça donne l’impression qu’un autre groupe serait en train d’atterrir. C’est souvent bien assez pour attirer leur attention et ils se dirigent alors directement sur le faux canard. En champ, je ne mets pas seulement des appelants de canards, car il est aussi fréquent d’attraper quelques outardes au passage. Mais habituellement ça tourne autour d’une trentaine d’appelants de canards. En bateau, ça varie mais je mets entre 15-20 appelants et un MOJO si possible. Bien sûr vous pouvez en mettre plus, mais ce n’est pas nécessaire non plus.
Je vous mets un peu en contexte maintenant. Nous sommes à la fin du mois de septembre. Les journées sont encore chaudes mais les matins commencent à être plutôt frisquets. Il est 4-5 heures du matin, on arrive dans le champ, on monte la cache et on installe les appelants. Une petite gorgée de café afin de profiter de nos quelques dernières minutes de tranquillité et ça y est, l’heure est enfin arrivée, le soleil se lève ! On entend les ailes tournoyées autour de nous et on sent la tension monter. Les canards commencent à rentrer par petites bandes. On entend alors les « calls » et les coups de fusil résonner dans l’air. Voilà la recette parfaite pour un matin parfait! Cette chasse est l’une de mes préférées et je souhaite continuer à la faire découvrir encore plus.
En vraie passionnée de chasse à la sauvagine, l’auteure n’hésite pas à braver le froid pour chasser de beaux canards bien dodus en fin de saison.